Chronique d’une interco…ban(g)!
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Humour satirique: Ah! Le cirque exquis de la politique du Bassin d’Arcachon (et de la France) …
12/04/26
Je ne sais pas vous, mais moi je m’intéresse de très près à l’élection du futur patron de la communauté de communes COBAN (Communauté d’agglomération du Bassin d’Arcachon Nord – pour les non initiés). Cette dernière a déjà été reportée… par manque d’entente des élus ! Tout est donc sur les rails pour que les problèmes permanents de la précédente mandature perdurent. Cela en dit long sur leur capacité au dialogue et au compromis !
Peut-être nos maires ont-ils pris au pied de la lettre cette pensée d’Ernest Renan (1823-1892) « L’élection encourage le charlatanisme » ? Je ne sais, mais cela m’a amené à une réflexion plus large sur le cirque exquis de la politique française.
Urgence en campagne, hibernation au pouvoir
Reconnaissons aux hommes politiques un talent rare : celui de transformer la réalité en une œuvre de fiction permanente, où le suspense le dispute à l’absurde, et où chaque épisode promet – sans jamais vraiment livrer – un dénouement spectaculaire.
Prenez leur rapport au temps. En campagne, ils vivent dans un présent brûlant, une urgence quasi messianique : tout doit changer, tout de suite, maintenant, et avant demain matin si possible ! Une fois élu, les voilà dans une autre dimension : sorte de sieste institutionnelle où chaque réforme devient un feuilleton en plusieurs saisons, aussi haletant qu’un débat sur la taille réglementaire des haies bocagères.
La langue de bois, patrimoine immatériel
Et puis il y a cette passion pour la langue française, non pas celle de Molière, mais celle du flou artistique. Là où un simple mortel dirait « je ne sais pas », ils préfèrent « nous travaillons à l’élaboration d’une réflexion approfondie dans un cadre concerté ». Traduction : « on verra bien ».
Indignation à géométrie variable
Leur autre spécialité est de s’indigner avec une vigueur olympique, en fustigeant, main sur le cœur, des dérives inacceptables… quand cela concerne leurs adversaires. En revanche, lorsqu’un scandale touche leur propre camp, ils adoptent soudain une posture plus nuancée, presque philosophique : « attendons que toute la lumière soit faite et que justice passe ». En politique, la lumière, comme la justice, ont ceci de particulier qu’elles mettent parfois bien longtemps à arriver.
Le réel, suggestion optionnelle
Leur rapport à la réalité relève parfois de la performance artistique. Ils peuvent visiter une usine en grande difficulté où l’on prépare un plan massif de licenciement et en ressortir avec un discours triomphal sur « le dynamisme industriel retrouvé grâce à l’excellence de notre main-d’œuvre ». C’est un peu comme ouvrir un frigo vide et conclure à l’abondance alimentaire grâce à la qualité de la lumière intérieure.
La souplesse idéologique, sport national
Il faut aussi saluer leur incroyable capacité d’adaptation à défendre une idée avec ferveur le lundi, la nuancer le mercredi, et la contester fermement le vendredi, le tout sans jamais avoir l’air de se contredire. C’est un art subtil, proche du yoga intellectuel, où la souplesse est une vertu cardinale.
Un spectacle qui ne ferme jamais
Mais au fond, ce qui rend ce théâtre politique si fascinant, c’est qu’il fonctionne. Malgré les promesses recyclées, les indignations sélectives et les volte-face chorégraphiées, le spectacle continue, les électeurs reviennent, et les acteurs changent de costume sans jamais quitter la scène.
Alors on regarde, on soupire, on rit parfois — jaune, souvent — et on se dit que la politique française est peut-être le seul endroit où l’absurde n’est pas une dérive, mais une tradition. Et quelle tradition !
Alain Mouginet
Retrouvez les anciennes chroniques d’Alain Mouginet, ici
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