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Chronique d’un scrutin bien de chez nous…

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Élections locales : la saison des promesses est terminée!

Par  Alain Mouginet,  éditeur retraité, résidant sur le Bassin


29/03/26



Je ne sais pas vous, mais moi je suis heureux de constater cette fin de course électorale. Désormais, chaque candidat malheureux peut regagner ses pénates, en prenant soin de ranger soigneusement les catalogues à usage électoral qui lui serviront la prochaine fois.

Ainsi, après des mois d’une intensité rarement atteinte depuis la grande pénurie de papier toilette de 2020, notre pays entre enfin dans une ère nouvelle : « C’est curieux, je me sens vide… mais apaisée… », me confiait ma chère tante Apolline qui a spontanément serré dans ses bras un inconnu parce qu’il ne portait pas d’écharpe tricolore !


Comme elle, des millions de Français redécouvrent des sensations oubliées : marcher dans la rue sans être interpellés par un candidat « proche des gens », ouvrir sa boîte à lettres sans déclencher une avalanche de professions de foi.

Dans certaines communes, des cellules psychologiques sont mises en place afin d’accompagner les habitants dans ce retour brutal à la vie normale. Du côté des anciens candidats, la conversion s’avère difficile. Certains continueraient à distribuer des tracts par réflexe, d’autres dans une tentative désespérée de rester pertinents, promettent des ronds-points à leurs proches lors des repas de famille.


Le gouvernement appelle au calme et à la vigilance : « La fin des élections est un moment sensible. Les Français pourraient être tentés de se reposer, or, nous avons encore de nombreuses élections à leur proposer dans les années à venir » a indiqué son porte-parole, occasionnant un début de panique dans certains foyers.


L’alliance usine à gaz

Cependant, cette période pré-électorale nous a révélé bien des surprises intéressantes qui en disent long sur l’état de notre démocratie. J’ai d’abord été interpellé par le terme « Alliance technique ». Si j’ai bien compris, il s’agit d’une bidouille où ceux qui avaient unis leur destinée dans l’allégresse, puis, dans un second temps, s’étaient déchirés avec fracas, se remettent d’accord pour un plat de lentilles, tout en restant accrochés à leur haine profonde… La sémantique de gauche m’étonnera toujours !


Maires éternels, urnes optionnelles

Ensuite, quelques cas spécifiques ressortent du lot : l’ancien maire de Grenoble, 77 ans, condamné en 1996 à cinq ans de prison pour avoir trop largement abusé du pot de confiture, s’est représenté – même pas peur ! – à la magistrature municipale… et a obtenu sans coup férir 27% des voix au premier tour ! Quant au maire d’Issy-les-Moulineaux, homme de 86 ans à la santé fragile, hospitalisé pendant la campagne, et qui ces derniers mois dirigeait sa mairie depuis son lit de douleurs, a courageusement brigué un… huitième mandat, gagné avec 48 % des voix !


Que dire de la copine de Brigitte, Rachida, qui malgré son prochain procès pour corruption et autres jolies casseroles, a vaillamment ferraillé pour faire tomber Lutèce dans son escarcelle. Malgré le soutien actif de notre prince-président, elle s’est lamentablement plantée. Tout fout le camp !


Don Corleone sur Bassin

Mais le point d’orgue de ce barnum se situe bien dans notre bonne ville d’Arcachon, où son maire a défrayé la chronique par l’attitude indigne qu’il a eue face à son opposant. Insultes vulgaires et menaces physiques ont émaillé ce grand moment démocratique, montrant le visage peu avenant de cet ardent défenseur des valeurs qui forment le socle de sa politique.


Certes, l’opposant jouait sur du velours en se sachant enregistré, mais la défense du maire criant au complot est une bien grosse ficelle, qui d’ailleurs met en cause la bonne foi du journaliste auteur de ce documentaire. Ce comportement d’une grande violence est pitoyable de la part d’un élu, et il est heureux qu’une femme, maire du Teich, soit sortie du silence pour fustiger fermement ces propos. Ce qui – à ce jour – ne semble pas le cas des autres édiles du Bassin, dont le silence assourdissant témoigne de leur courage.


En fait, je ne m’attendais pas à ce que ce monsieur tire les conséquences de son attitude, à la limite mafieuse, mais j’espérais – dans ma naïveté – que certains de ses colistiers se désolidariseraient de lui par honnêteté intellectuelle.

Résultat, il fut chaleureusement soutenu et applaudi.

Morale ? Vous avez dit morale ?


Alain Mouginet


Retrouvez les anciennes chroniques d’Alain Mouginet, ici


 

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